21.9.06

Encore un témoignage: cheveux

Il y a une trentaine d’années, pendant l’été, les extraterrestres ont transformé Paloma en quelqu’un d’autre. Mon frère et moi, horrifiés, avons vu entrer dans la salle de séjour de la maison de Sigüenza une femme qui venait nous chercher. Elle avait, oui, le corps de notre Paloma. Mais on lui avait greffé la tête. Les Martiens avaient sans doute changé la chevelure auburn, longue, raide, fine de notre mère par une masse compacte de cheveux filandreux en boule. Paloma s’était fait faire la permanente. À la vue de cet être inconnu, des haut-le-corps, des haut-le-coeur, des frissons nous ont parcourus tout entiers, mon frère et moi. Les éclats de rire provenant de ce Martien épouvantable ne faisaient qu’ajouter de la peur froide en nous. C’était glacial.

Avec le temps, j’y vois la raison, l’explication des malheurs qui ont suivi sur nos cheveux les années d’après. Elle avait pris la manie extraterrestre (par nostalgie de la planète Mars ?) de nous couper les cheveux elle-même. Et ses expériences pouvaient aller de peler la tête de mon frère à zéro jusqu’à lui couper les cheveux en tordant des mèches à l’aide de son index. Doigt, boucle, puis ciseaux. Doigt, encore une boucle, puis tchak. C’est là que l’expression « se coiffer avec un clou » a pris tout son corps. Et, au contraire que Narcisse, mon frère a pleuré devant son reflet, liquéfié par les larmes. Une autre fois encore, mes longs cheveux blonds ont vu un trou soudain à la nuque. L’endroit sur ma tête, où un nid de poux s’était établi de longue date, fut coupé sec, net, comme ces cercles mystérieux qui apparaissent sur des champs de blé.

Elle voulait nous extraterrialiser, c’est sûr.

6 comentarios:

Anónimo dijo...

Je crois qu'elle a assez obtenu extraterrialiser vous. Tant ton frère comme toi, vous n'êtes pas des habitants de la terre, vous êtes trop amusants.

Ta mère était une
personne très originale.

Tu sauras m'excuser par mon mal français.

Anónimo dijo...

Solateras, quelle surprise! Merci pour ton français. Tu m'honores.

Anónimo dijo...

Incroyable! ¿Te puedes creer que me ocurrió lo mismo con mi madre? Tendría yo unos cuatro añitos cuando, un día, llegó a casa en plan afro y... os entiendo parfaitement. La permanente ha destrozado muchas familias.
En este caso fui yo quien, como terapia de choque, se cebó cortando con saña la melena de una atrevida prima allá por los Parises, hace unos pocos años.
Ella se dejó, yo no tuve la culpa.
Ahora me siento liberada.

Anónimo dijo...

¡Es verdad! Todavía no me he repuesto pas...

Anónimo dijo...

De la escabechina primil, quiero decir.

Anónimo dijo...

Incroyabel la peña que pasa por aquí...